
La laveuse de mort de Sara Omar
Editions Actes Sud
Sortie le 14/10/2020
Note : 4/5
Frmesk vient au monde au Kurdistan, en 1986. Dans ce pays musulman, être une fille est une première malchance. Les femmes ne sont que des épouses, et des mères, qui se doivent d’obéir à leurs pères puis leurs époux. Frmesk est fragile, elle mange peu et difficilement. Rubar, sa mère, a tellement peur de la violence de son mari, qu’elle accepte de la laisser à ses parents, afin qu’ils l’élèvent au sein d’un foyer aimant et protecteur. Mais au Kurdistan, le danger est partout, et la haine fait rage de toute part…
Sara Omar signe ici un premier roman terrifiant et révoltant. Elle écrit comme toutes ces femmes qui endurent les souffrances quotidiennes : avec dignité.
Même si Sara Omar ne nous épargne rien, son écriture est remplie de l’amour et de la lumière de ces grands-parents. Sans eux, Frmesk serait morte… À plusieurs reprises.
Et jamais tu ne permettras que les paroles d’Allah soient un fardeau pour toi. Car aucun dieu ne possède un tel droit. Ne l’oublie pas.
Cette plongée dans un pays où la foi n’est ni synonymes d’écoute, d’indulgence ou de partage, est une chute dans les ténèbres. C’est pourtant une réalité. La méconnaissance, le rejet des différences et la violence sont les moteurs d’une société archaïque. Les femmes en sont les premières victimes.
Gawhar est un personnage tellement attachant. Cette épouse, mère et grand-mère, fidèle à son Dieu, est la laveuse de mort. Elle est la main impure qui prépare les corps des femmes dont personne ne veut. Elle les entend murmurer. Mais elle est aussi l’oeil, témoin de toutes les souffrances et les violences que les jeunes femmes subissent. Parfois ébranlée, elle ne sait plus si son Dieu existe ou s’il entend ses prières.
Mécréant, ce n’est qu’un mot employé par ceux qui craignent les autres religions plus qu’ils n’ont foi en la leur.
On sait de suite que Frmesk vivra au moins jusqu’à ses 30 ans car le récit est ponctué de chapitres se déroulant en 2016, dans un hôpital du Danemark où elle semble devoir se faire opérer. Ses passages sont toujours assez flou mais Hani compris que La laveuse de mort était le premier tome d’une série…
Un roman déchirant et qui soulève en nous des sentiments de colère, mais malheureusement nécessaire pour donner la liberté à ses enfants de mettre des mots sur leurs larmes et leurs souffrances silencieuses.
J’ai hâte que la suite soit publier, car il reste encore des choses non dites.
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Oh oui tellement !!!
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Un presque coup de ❤️…. J’attends la suite 😍
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Moi aussi je suis impatiente !!
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j’ai très envie de le lire, mais je redoute un peu… C’est un sujet tellement fort et présent 🙂
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C’est sûr qu’il est très dur… mais cette parole libérée est nécessaire 😉
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Je l’ai noté même s’il a l’air très dur.. La couverture déjà remue. Merci pour ce beau retour Audrey 🙂
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[…] en parlent également: Audrey, Mumu, Sarah, Ally, […]
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Je l’ai dans ma PAL depuis sa sortie, mais je ne sais pourquoi il reste au fond de ma PAL… Passée la rentrée littéraire je vais le lire 😉
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Ah oui, il est vraiment bien !!!
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Je l’ai posé bien en évidence pour le voir 😉
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