Milwaukee blues de Louis-Philippe Dalembert

Milwaukee Blues de Louis-Philippe Dalembert

Editions Sabine Wespieser

Sortie le 26/08/2021

Note : 4/5


 

« Je ne peux plus respirer ! »… Cet homme, maintenu à terre par le genoux d’un policier, c’est Emmett. Il vient de sortir d’une épicerie et c’est l’appel du gérant au 911 qui va signer son arrêt de mort. Sans qu’aucun mot ne soit prononcé, sans qu’aucune explication ne soit donnée, les 3 policiers présents ce jour-là ne lui laisseront aucune chance. Parce qu’il est noir, il est forcément coupable. Parce qu’on est à Milwaukee, dans un quartier défavorisé, il est forcément drogué… Emmett a pourtant une toute autre histoire à raconter…

Si on ouvre le dernier roman de Louis-Philippe Dalembert en pensant fortement à George Floyd, cet homme qui meurt en pleine rue sous la brutalité d’un policier en mai 2020, on est vite amené ensuite à suivre la vie fictive d’un autre personnage, Emmett.

Éclairé par le regard de ses amis, de gens qui l’ont connu et aimé, le chemin de ce jeune garçon qui voulait atteindre son rêve nous est offert avec tendresse et sensibilité.
Basé sur un fait divers, ce roman m’a plu par sa construction. J’ai aimé rencontrer tous ces personnages, ces petites lumières qui ont su réchauffé ce garçon meurtri par le départ d’un père, pressé par cette envie d’être quelqu’un de grand, de fort, de reconnu, et anéanti par ce rêve qui se brise. le genoux à terre, il va cependant revenir à Milwaukee, sa ville d’enfance, là où tout a commencé, sans courber l’échine, sans plier, multipliant les petits boulots pour faire vivre sa famille.

Milwaukee Blues est un beau roman. L’histoire d’un homme dans un pays où la justice est bien trop aléatoire pour être honnête. L’histoire d’un rêve d’une humanité sans couleur, sans préjugé, sans violence…

As-tu déjà vécu, ne serait-ce qu’un instant, en étant obligée de raser les murs ? Pas parce que les autres te le commandent avec des mots, mais par leur regard. A chaque coup d’œil, ils te font sentir que t’as pas le droit d’être là. Alors, pour éviter ces regards assassins, tu rases les murs. T’exiges rien, tu revendiques rien. Tu prends l’habitude d’être transparent, d’être une ombre. De pas faire de vague pour pas être remarqué, car t’es pas à ta place.


Emmett était un homme, un père, un fils, un ami, un élève, un ancien amour, et ce sont toutes ces facettes qui feront de lui à jamais une étoile de plus dans le ciel du monde…

9 réflexions sur “Milwaukee blues de Louis-Philippe Dalembert

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