Aux armes de Boris Marme

Aux armes de Boris Marme

Éditions Liana Levi

Sortie le 09/01/2020

Note : 4/5


Ce jour-là, au Lycée Barbara J. Haskins de Folksridge, dans le Comté de Farno, le monde va basculer. En dégustant son café comme chaque matin, l’officier Wayne Chambers n’imagine pas qu’il ne sera plus jamais le même. Ce devait être un jour de plus, des heures de vie, des sourires échangés entre amis, des adolescents endormis qui errent dans les couloirs… Mais Pearl a décidé pour eux… Ce serait la fin, l’anéantissement de familles, l’effondrement d’un homme, le flot de haine et de colère, l’effacement d’une certaine humanité…

J’ai fait le chemin à l’envers lors de ma rencontre avec l’écriture de Boris Marme. C’est avec son second roman, Appelez-moi César, que je l’ai découverte. Et ça été un coup de cœur… Je me suis donc empressée de lire Aux armes. Et c’est encore une parfaite réussite…

Boris Marme nous entraîne aux États-Unis, dans un lycée sans histoire. Un adjoint au shérif y assure la sécurité depuis plusieurs années. Il est apprécié de ses collègues, de ses responsables, des élèves qu’il garde à l’œil de manière bienveillante. Sa présence rassure et tranquillise.
Mais ce jour-là, le matin où cette alarme se déclenche, où des coups sont tirés, où des corps tombent sous les balles, il est tétanisé. De sa mission de secours, il oublie tout. Il est perdu, il ne sait plus ce qu’il doit faire. Il reste à l’extérieur de cette fusillade, spectateur immobile.

Quelques heures plus tard, quand l’angoisse fait place à la douleur, que le tueur sans vie est retrouvé au milieu de son carnage, il faut bien pouvoir déverser sa colère, trouver un autre coupable. L’Amérique a besoin de héros et ce jour-là, elle n’en a pas…

Boris Marme aborde cette histoire de façon décalée. Et c’est ce qui glace, ce qui aimante, ce qui interroge. Il ne dit rien de la violence des tirs, très peu de la douleur des familles. Il dresse le portrait d’un homme, que tout accuse, que tout accable. On le dit lâche, responsable, on veut sa peau. La machine médiatique participe à cet engrenage injuste et brutal. Pourtant Wayne n’est pas un assassin…

Une écriture sublime, lumineuse, pour un sujet terrible. Des hommes qui jugent une situation totalement hors de contrôle et qui abattent de leur verdict injuste une âme simplement effrayée…

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