Une fille sans histoire de Constance Rivière

9782234088221-001-T

Une fille sans histoire de Constance Rivière

Éditions Stock

Sortie le 21/08/2019

Note : 4/5


 

Adèle est seule, assise au bord de sa fenêtre ouverte sur un monde qu’elle imagine, des histoires de vies qu’elles se racontent pour tromper sa solitude, quand elle entend les agitations et les cris des attentats du 13 novembre. Elle allume la télévision et apprend au fil des heures, l’horreur des évènements. Quand elle voit le visage de Matteo apparaître à l’écran, ce garçon qu’elle croisait dans le bar où elle travaillait il y a quelques jours encore, elle ne réfléchit pas et part à sa recherche. Commence alors un long chemin de mensonges, d’affabulations et de tromperies…

Le premier roman de Constance Rivière est une histoire fort bien construite. Avec une écriture travaillée et rythmée, l’auteur nous emmène avec elle, aux côtés d’une jeune fille blessée et traumatisée.

Constance Rivière décortique avec intelligence la façon dont Adèle va vivre avec un petit mensonge qui deviendra, au fil des jours et des personnes qu’elle va rencontrer, une accumulation de faux souvenirs, d’émotions falsifiées et de sombres désirs.

L’auteur ne nous offre pas un récit linéaire. Elle sème sur le chemin d’Adèle, des personnages qui viendront éclairer l’imposture. Ils apportent alors une étrange lumière sur la jeune fille.

Adèle sentit immédiatement, instinctivement, sans y avoir réfléchi, qu’elle pourrait trouver dans ce drame où elle avait été projetée presque par hasard, en tout cas par une force qui lui avait échappé, une raison d’être, une densité, une consistance.

Car même si elle blessera ceux qu’elles croisent par ses mensonges, Adèle a elle aussi une histoire bien triste à raconter. D’ombres en brouillards, elle dévoilera doucement sa personnalité blessée par la transparence de son existence.
C’est une enfant traumatisée par les silences, les non-dits et les absences qui se révèlera au monde. De la grisaille d’une vie triste, elle ne cherche que la chaleur des regards… Mais on ne joue pas avec la douleur…

Elle voulait rentrer dormir, rejoindre ses mondes imaginaires dont elle contrôlait tous les personnages. Les mêler au réel, cela n’avait pas été une si bonne idée même si elle était enfin devenue quelqu’un.

Un premier roman prometteur et une très belle découverte des 68 premières fois.

Merci à NetGalley et aux Éditions Stock pour leur confiance…