Le mardi sur son 31 #9

noeud papillon

Ce rendez-vous hebdomadaire a été proposé par Les Bavardages de Sophie. Il s’agit tout simplement de proposer une citation de la page 31 de sa lecture en cours…


Les enfants profitèrent de cette liberté jusqu’à ce que la mère de David et son beau-père arrivent à leur tour à la plage. Ils déjeunèrent d’un pique-nique et les visages des deux amis se fermèrent comme deux huîtres effrayées par des pêcheurs. Ils se baignèrent, jouèrent au foot en essayant de prendre les bonnes décisions et d’éviter ainsi les remontrances de l’adulte. Puis, repu de bières et de victoire sur faciles, son beau-père ne fit plus attention à eux-mêmes. Alors, David sortit de son apnée pour retrouver un peu d’oxygène et d’en bonne humeur.

Citation tirée du roman de Jerome Louby, Le douzième chapitre.

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Le mardi sur son 31 #8

noeud papillon

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Je suis un animal vieillissant. Le monde n’est plus à ma taille. A dix-huit ans, pourtant, je faisais exactement la bonne taille. J’étais beau garçon, pas plus bête qu’un autre, plein de rêves, faute d’ambition. Aujourd’hui, ma propre décrépitude m’est indifférente et je voudrais avoir le courage de dire que la mort qui approche ne me fait pas trembler. Ce que je redoute avec l’âge, ce sont les souvenirs qui accablent, ce sont les visages de tant d’amis connus, ce sont les détails anonymes de l’existence, insignifiants alors, et qui plus tard se dressent comme les remparts du souvenir, omniprésents, saisissants de réalisme et de précision – ces grains de sable dont le temps a fait des géants.

Citation tirée du roman de Bertille Dutheil, roman que je devrais débuter dans la journée, envoyé via NetGalley et lu dans le cadre des 68 premières fois, Le fou de Hind.

le fou de hind

Le mardi sur son 31 #7

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De l’autre côté de la place, au numéro 10 de la rue Lavoisier, Madame Pozani, la concierge, lavait son trottoir à grandes eaux. Par la fenêtre ouverte de sa loge, on percevait le bourdonnement lointain du journal de vingt heures. Le pavé exhalait le parfum fumé du macadam fraîchement posé, une odeur lourde, qui laissait s’échapper les remugles de mélasse en fermentation.

Citation tirée du roman de Jérôme Chantreau, Les enfants de ma mère.

les enfants de ma mère

Le mardi sur son 31 #6

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Le seul truc pour lequel j’étais un peu doué, c’était l’apnée. Je pouvais retenir ma respiration assez longtemps. D’ailleurs, la seule et unique fois où j’avais eu un avant-goût de ce que pouvait bien être le frisson de la performance sportive, c’était quand j’avais fait toute la longueur sous l’eau en cours de natation. Ça avait impressionné tout le monde. Quand j’étais remonté à la surface à l’autre bout de la piscine, personne n’avait rien dit. Silence total. Ils avaient tous eu à reprendre leur respiration à mi-chemin. Bien que je n’aie sauvé la vie de personne ni fait quoi que ce soit d’important, et bien que j’aie toujours détesté les types qui bombent le torse, j’avais rejoint la classe en me sentant héroïque ce jour-là, en tongs (je laissais une paire à chaque bout de la piscine), et j’avais compris avant même d’arriver au petit bassin que si j’avais été doué d’un réel talent quelconque, j’aurais sans doute été un vrai salopard.

Citation tirée de Isidore et les autres de Camille Bordas.

isidore

Le mardi sur son 31 #5

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Ludmilla avait quinze ans de plus que Joaquim, et elle était mariée. Elle ne lui avait rien caché. Elle était née à Sarajevo à la fin des années soixante et y avait vécu une enfance qu’elle qualifiait de douce, comme elle aurait parlé d’une tissu ou d’un vêtement, de tout ce qui perd forme, s’élime et s’assouplit  avec le temps.

Citation tirée de Miss Sarajevo d’Ingrid Thobois

miss sarajevo

Le mardi sur son 31 #4

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Il avait dû convaincre celui-ci de lui rendre visite « pour un mois seulement » et cela avait été difficile. « pourquoi ne choisis-tu pas un de tes cousins, avait dit le Vieux Père, un de tes neveux par exemple ? »

« Parce que tu me manques, vieil homme », avait-il pensé. Il ne l’avait pas dit, bien sûr.

Citation tirée d’Empreintes de crabe de Patrice Nganang

empreinte de crabe

Le mardi sur son 31 #3

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Quand Juan Pablo est revenu dans la chambre, lui aussi s’est couché et plongé dans une lecture. Je ne sais pas laquelle : je lui ai tourné le dos. J’avais envie de l’assommer avec le pavé de Bolano (bien que j’aie l’édition de poche, en prenant bien mon élan, je suis sûre que je lui ferais une sacrée bosse). On a continué à lire. Comme personne ne disait rien, même pas bonne nuit, la lampe de chevet est restée allumée toute la nuit.

Citation tirée de Personne n’est obligé de me croire de Juan Pablo Villalobos

personne