Miss Jane de Brad Watson

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Miss Jane de Brad Watson

Éditions Grasset

Sortie le 05/09/2018

Note : 4/5


Alors que le couple Chilsom se pensait trop vieux pour avoir d’autres enfants, ils donnent naissance en 1915 à une petite fille, Jane. C’est le docteur Ed Thompson qui accouchera Ida et qui s’apercevra le premier des malformations de l’enfant. Jane n’aura jamais une vie normale : sans sphincter, elle devra s’adapter pour éviter les « accidents ». Sans organe sexuel visible, elle ne pourra prétendre à devenir mère…

Cela ne signifie pas que tu n’es pas une petite fille normale. Seulement une petite fille qui doit régler plus de problèmes que la plupart des autres filles de son âge. Et ça va te rendre forte. Tu l’es déjà d’ailleurs.

Miss Jane est un roman touchant sur le handicap, le regard des autres, l’acceptation de soi et son corps.
Brad Watson écrit avec beaucoup de justesse sur le quotidien de cette jeune fille et on ne peut qu’être admiratif de son courage.

Nous sommes ce que nous sommes. Personne n’y peut rien.

Sans jamais tomber dans la description médicale ou l’étude de cas, Brad Watson dépeint les découvertes, les avancées et les questionnements du début du XXème siècle. Il a le génie de nous plonger également dans une famille où le silence semble le mode de fonctionnement. Nous sommes aux côtés de Jane, de son père aimant mais maladroit, de sa mère froide et peureuse et de sa grande sœur qui cherchera par tous les moyens à fuir la ferme familiale.

J’ai apprécié tout autant l’écriture que l’ambiance tranquille, l’histoire émouvante et les personnages blessés qui se battent pour avoir une vie digne.

Tous ces malheureux étaient sortis parfaitement normaux du ventre de leur mère, pensait le médecin en regardant alentour. Qui peut prédire ce que la vie se chargera de faire endurer à un corps ?

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Grasset pour leur confiance.

Il s’agit de ma première lecture pour mon challenge Lire en couleurs, qui valide l’item du livre à la couverture majoritairement jaune.

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La blessure de Jean-Baptiste Naudet

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La blessure de Jean-Baptiste Naudet

Éditions l’Iconoclaste

Sortie le 29/08/2018

Note : 3/5


 

Alors qu’ils sont fiancés depuis peu, prêts à se marier, Robert et Danielle sont séparés par la guerre d’Algérie. Âge d’à peine vingt ans, malgré l’optimisme et la naïveté de la jeunesse, Robert a peu d’espoir de revenir… Les deux amoureux s’échangent des lettres passionnées, des missives remplies de tendresse et de douceur… Et elles dont l’oxygène de Robert, au milieu de la violence des montagnes de Kabylie. Plusieurs années après, Danielle souffre toujours de la mort de Robert et son fils Jean Baptiste vit dans l’ombre de cet amour perdu… Pour leur plus grande folie !

Chaque jour est un combat, chaque minute. Combat pour la vie. Vivre comme toi et moi nous avons appris ce que cela voulait dire.

C’est dans le cadre de la sélection des 68 premières fois que j’ai lu ce premier roman. Jean Baptiste Naudet nous livre ici une autobiographie crue et violente sur ce qu’il a vécu au sein de sa famille.
Ce n’est pas une mais trois vies qui ont été brisées ce 9 juin 1960 en Algérie. Avec le sergent Robert Sipière, c’est sa fiancée qui est atteinte en plein cœur… Puis Jean Baptiste Naudet lui-même… Prisonnier de ce passé, il va revivre les folies des guerres… Et se perdre dans la violence des combats, ceux des pays dans lesquels il couvre les batailles en tant que grand reporter mais aussi dans celui qui lui demande le plus de courage : la folie de sa mère…

Dans cette guerre d’usure qui ne dit pas son nom, tout est faux, surtout les mots.

Un roman qui mêle des lettres, des récits de combats, dès questionnements personnels… Un roman qui évoque les atrocités de la guerre d’Algérie et de la culpabilité de certains face à leur place au sein du conflit… Un roman fort et nécessaire..

68 premières fois

L’hôtel du lac des ombres de Daniela Tully

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L’hôtel du lac des ombres de Daniela Tully

Éditions Mazarine

Sortie le 26/09/2018

Note : 4/5


Quand Maya apprend que le corps de Martha, sa grand-mère, vient d’être retrouvé aux Etats-Unis, 17 ans après sa disparition, elle ne peut cacher son émotion. Martha était pour elle bien plus qu’une grand-mère et elle n’a jamais accepter qu’elle ait pu s’effacer de sa vie ainsi, sans aucune explication. Afin de tourner définitivement la page de son passé, Maya décide de partir pour l’hôtel du lac des ombres, et faire ses adieux à cette grand-mère qui lui manque tant. Mais ce qu’elle va finalement découvrir ne fera qu’ouvrir de nouvelles portes sur un passé mystérieux et tragique…

Elle avait toujours su que ces secrets n’avaient fait que sommeiller. Ils avaient fini par se réveiller et revenaient la hanter.

J’ai été très agréablement surprise par le premier roman de Daniela Tully.
Elle nous fait naviguer avec talent, sans jamais nous perdre, entre l’Allemagne et le fléau du nazisme, les années 1990 et l’époque actuelle. Elle nous entraine dans les pas de deux familles que rien ne prédestinaient à se rencontrer et elle nous tient en haleine jusqu’au bout des 350 pages…

Nous avons cette tendance parfois, n’est-ce pas ? Tenter d’effacer les souvenirs douloureux en refusant de les partager, comme si les garder pour nous les rendaient moins réels. Pourtant, nous ne les chassons qu’en surface; ils reviennent obstinément.

Le style est rythmé, l’écriture agréable et on se laisse porter par les rebondissements de l’histoire. Les personnages cachent des secrets parfois bien sombres mais ils sont pour la plupart attachants.

Un des derniers romans de cette année 2018 qui m’aura fait passer un très bon moment !

Merci à NetGalley et aux Éditions Mazarine pour leur confiance.

Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

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Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

Éditions Actes Sud

Sortie le 22/08/2018

Note : 4/5


 

La vie est compliquée à Heillange, une petite ville industrielle de l’Est de la France. Une fois les Hauts Fourneaux fermés, il ne reste plus grand chose aux habitants… Anthony, Hacine, Steph et les autres s’accrochent à ce qu’ils peuvent : les pétards, les bières et les histoires de coeur. Mais les étés ne suffisent pas à adoucir le reste de l’année et la vie s’étire, grise et terne…

Je ne cours pas après les prix littéraires. Et ce n’est pas l’obtention du Goncourt 2018 qui m’a fait ouvrir le roman de Nicolas Mathieu mais bien les critiques qu’on peut lire ici et là. Et il aurait été bien dommage de passer à côté !

Leurs enfants après eux est un roman social, l’histoire somme toute banale d’une ville de France qui voit ses usines fermées les unes après les autres, qui ne peut que constater le désœuvrement de ses adolescents et qui ne peut empêcher cette morosité ambiante.

Suivre Anthony, Hacine, leurs parents, leurs amis et leurs conquêtes sur 4 étés est une manière judicieuse de relier une petite histoire dans la grande. Chacun à sa manière subit cette France des inégalités et cherche à en sortir.
Mais vouloir changer les choses ne suffit pas. Un père qui boit, un travail qui n’épanouit pas, une fille qui ne vous regarde pas, une image dans le miroir qui ne plait pas et le monde devient alors bien trop triste pour vouloir se battre…

Ce roman est une part de notre histoire, un fil tendu entre nous et un passé pas si lointain. C’est la vie qui s’effiloche et qui laisse les moins chanceux sur le bord de la route… Mais c’est aussi la nostalgie des années 1990 et la France de Zidane qui redonne l’espoir que tout est possible…

Avec Zidane, de toute façon, la France pouvait tout, il suffisait d’y croire.

Un roman avec une histoire forte, des personnages touchants et vrais et une écriture parfaite qui nous entraîne dans les mots justes de l’auteur… Une réussite !!

Camarade Papa de Gauz

Camarade Papa de Gauz

Éditions Le nouvel Attila

Sortie le 24/08/2018

Note : 1/5


La Côte d’Ivoire… C’est le point de rencontre des deux histoires de ce roman. La première est celle de Dabilly, un français qui se rend dans ce pays d’Afrique pour fuir sa ferme à la mort de ses parents. La seconde raconte la vie d’un enfant d’origine africaine et qui vit à Amsterdam avec ses parents.

Leur regard se croise malgré les années qui les séparent. le colonialisme, le communisme, le commerce et les tribus d’Afrique noire sont autant de thèmes abordés par Gauz dans ce roman qui l’a laissé sur le bord de la route…

L’écriture m’a paru compliqué, fouillie et notamment pour les passages avec l’enfant qui empreinte le vocabulaire communiste de ses parents…

Merci cependant à NetGalley et aux Éditions le nouvel Attila pour leur confiance.

Maria Vittoria d’Elise Valmorbida

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Maria Vittoria d’Elise Valmorbida

Éditions Préludes

Sortie le 19/09/2018

Note : 3/5


 

À la sortie de la première guerre mondiale, trouver un bon parti n’est pas chose facile. C’est pourtant ce que s’évertue à faire le père de Maria Vittoria. Dans ce petit village perdu d’Italie, Maria attend un mari… Quand son père revient avec Achille, elle croit avoir devant elle une vie douce et solide… Quelques années plus tard, le destin de Maria Vittoria est déjà bien tracé et le chemin n’aura pas été simple et tranquille…

Elle a beau scruter le fond de la cavité, elle ne voit rien. C’est à l’image de sa vie, se dit-elle : un mystère profond et insondable. Seul Dieu sait ce qui va advenir.

Élise Valmorbida signe ici un roman fort et émouvant, un portrait de femme courageuse et vraie.
Maria Vittoria vit dans une Italie malmenée par les guerres, dirigée par la faim et les restrictions. Cette femme, qui après avoir obéit à son père, doit suivre les règles d’un époux dur et parfois violent, va affronter les difficultés et tenir debout face aux jalousies et à la haine.

Forte et courageuse, Maria Vittoria est à l’image de nombreuses femmes et mères : elle choisit son destin et se sacrifie pour que sa famille survive…

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Préludes pour leur confiance.

Le douzième chapitre de Jérôme Loubry

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Le douzième chapitre de Jérôme Loubry

Editions Calmann-Lévy

Sortie le 19/09/2018

Note : 4/5


 

David et Samuel sont deux jeunes garçons de 12 ans, amis depuis la plus tendre enfance, et qui vivent chaque année en attendant leur vacances d’été. Quelques jours en bord de mer, dans les pavillons de l’usine dans laquelle leur parent travaille. Mais en cette année 1986, Julie vient se greffer aux jeux d’enfants. Et sans le savoir, ces vacances seront les dernières… La fin des pavillons, la fin de l’usine et la fin de l’enfance…

Car les grandes amitiés naissent ainsi, en un simple sourire.

De Jérôme Loubry, j’ai lu et fortement apprécié Les chiens de Détroit, son premier roman. Je ne pouvais donc pas louper celui-ci !!! Et heureusement…

Comme pour son premier thriller, Le douzième chapitre est un roman très bien écrit, rythmé, prenant et totalement addictif. Les personnages sont travaillés, touchant et vrais. L’histoire quant à elle est cohérente et elle sonne juste.
J’ai vraiment passé un très bon moment au pays de l’enfance, de l’innocence et des souvenirs de vacances ternis par des adultes dont seules la haine et la violence guident les pas.

Lorsque les murmures du passé ressurgissent, c’est pour mieux éclairer le présent, et réparer les injustices…

Mais rien n’empêche le passé de murmurer. Rien.

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance.