Laisse tomber la neige de Cécile Chomin

cvt_laisse-tomber-la-neige_2531

Laisse tomber la neige de Cécile Chomin

Éditions J’ai Lu

Sortie le 07/11/2018

Note : 4/5


Alors qu’elle devrait être mariée et même en voyage de noces, Claire se retrouve coincée au milieu d’un champ de neige. Son ex futur mari l’a plantée devant l’hôtel, elle est partie sur un coup de tête pour ne pas avoir à affronter la pitié ou les remarques de sa famille et de ses amis. C’est Hugo, un homme taciturne et peu aimable, qui vient la sauver et lui proposer de l’héberger pour une nuit… Une seule… Mais rien ne va s’avérer aussi simple…

Comment l’emballage peut être à ce point si peu ragoûtant quand le contenu est si… alléchant ? Trop bizarre, cet homme.

Je lis peu de romance, voire même jamais. Si j’ai choisi d’ouvrir les pages de ce roman c’est avant tout pour répondre à mes challenges. Et grand bien m’a pris d’ouvrir mes horizons !!!
J’ai passé 3 jours en compagnie de personnages attachants, émouvants et drôles. J’ai partagé avec eux des moments doux et sincères. Je me suis totalement laissée emporter par leur amour naissant…

Il y a des souvenirs que l’on doit garder pour soi, comme un égoïste. On y repense les matins de chagrin et les soirs de blues et c’est ce qui nous aide à tenir.

Alors oui, cette romance est simple, attendue et sans grand rebondissement. Mais j’ai apprécié cette lecture, ces images d’amour à l’eau de rose, ce couple improbable et cette fin heureuse.
C’est bon de se dire parfois qu’un livre peut être un doudou qui réchauffe et qui apaise. C’est une expérience hors du temps qui m’a fait je crois, beaucoup plus de bien que ce que j’imaginais…

 

Une lecture qui valide un item pour mon challenge Voix d’autrices (romance) et le thème du mois pour le défi de Madame lit

challenge-voix-autrices-2019-2b

La blessure de Jean-Baptiste Naudet

blessure-recadre

La blessure de Jean-Baptiste Naudet

Éditions l’Iconoclaste

Sortie le 29/08/2018

Note : 3/5


 

Alors qu’ils sont fiancés depuis peu, prêts à se marier, Robert et Danielle sont séparés par la guerre d’Algérie. Âge d’à peine vingt ans, malgré l’optimisme et la naïveté de la jeunesse, Robert a peu d’espoir de revenir… Les deux amoureux s’échangent des lettres passionnées, des missives remplies de tendresse et de douceur… Et elles dont l’oxygène de Robert, au milieu de la violence des montagnes de Kabylie. Plusieurs années après, Danielle souffre toujours de la mort de Robert et son fils Jean Baptiste vit dans l’ombre de cet amour perdu… Pour leur plus grande folie !

Chaque jour est un combat, chaque minute. Combat pour la vie. Vivre comme toi et moi nous avons appris ce que cela voulait dire.

C’est dans le cadre de la sélection des 68 premières fois que j’ai lu ce premier roman. Jean Baptiste Naudet nous livre ici une autobiographie crue et violente sur ce qu’il a vécu au sein de sa famille.
Ce n’est pas une mais trois vies qui ont été brisées ce 9 juin 1960 en Algérie. Avec le sergent Robert Sipière, c’est sa fiancée qui est atteinte en plein cœur… Puis Jean Baptiste Naudet lui-même… Prisonnier de ce passé, il va revivre les folies des guerres… Et se perdre dans la violence des combats, ceux des pays dans lesquels il couvre les batailles en tant que grand reporter mais aussi dans celui qui lui demande le plus de courage : la folie de sa mère…

Dans cette guerre d’usure qui ne dit pas son nom, tout est faux, surtout les mots.

Un roman qui mêle des lettres, des récits de combats, dès questionnements personnels… Un roman qui évoque les atrocités de la guerre d’Algérie et de la culpabilité de certains face à leur place au sein du conflit… Un roman fort et nécessaire..

68 premières fois

Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

CVT_Leurs-enfants-apres-eux_2834

Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

Éditions Actes Sud

Sortie le 22/08/2018

Note : 4/5


 

La vie est compliquée à Heillange, une petite ville industrielle de l’Est de la France. Une fois les Hauts Fourneaux fermés, il ne reste plus grand chose aux habitants… Anthony, Hacine, Steph et les autres s’accrochent à ce qu’ils peuvent : les pétards, les bières et les histoires de coeur. Mais les étés ne suffisent pas à adoucir le reste de l’année et la vie s’étire, grise et terne…

Je ne cours pas après les prix littéraires. Et ce n’est pas l’obtention du Goncourt 2018 qui m’a fait ouvrir le roman de Nicolas Mathieu mais bien les critiques qu’on peut lire ici et là. Et il aurait été bien dommage de passer à côté !

Leurs enfants après eux est un roman social, l’histoire somme toute banale d’une ville de France qui voit ses usines fermées les unes après les autres, qui ne peut que constater le désœuvrement de ses adolescents et qui ne peut empêcher cette morosité ambiante.

Suivre Anthony, Hacine, leurs parents, leurs amis et leurs conquêtes sur 4 étés est une manière judicieuse de relier une petite histoire dans la grande. Chacun à sa manière subit cette France des inégalités et cherche à en sortir.
Mais vouloir changer les choses ne suffit pas. Un père qui boit, un travail qui n’épanouit pas, une fille qui ne vous regarde pas, une image dans le miroir qui ne plait pas et le monde devient alors bien trop triste pour vouloir se battre…

Ce roman est une part de notre histoire, un fil tendu entre nous et un passé pas si lointain. C’est la vie qui s’effiloche et qui laisse les moins chanceux sur le bord de la route… Mais c’est aussi la nostalgie des années 1990 et la France de Zidane qui redonne l’espoir que tout est possible…

Avec Zidane, de toute façon, la France pouvait tout, il suffisait d’y croire.

Un roman avec une histoire forte, des personnages touchants et vrais et une écriture parfaite qui nous entraîne dans les mots justes de l’auteur… Une réussite !!

Camarade Papa de Gauz

Camarade Papa de Gauz

Éditions Le nouvel Attila

Sortie le 24/08/2018

Note : 1/5


La Côte d’Ivoire… C’est le point de rencontre des deux histoires de ce roman. La première est celle de Dabilly, un français qui se rend dans ce pays d’Afrique pour fuir sa ferme à la mort de ses parents. La seconde raconte la vie d’un enfant d’origine africaine et qui vit à Amsterdam avec ses parents.

Leur regard se croise malgré les années qui les séparent. le colonialisme, le communisme, le commerce et les tribus d’Afrique noire sont autant de thèmes abordés par Gauz dans ce roman qui l’a laissé sur le bord de la route…

L’écriture m’a paru compliqué, fouillie et notamment pour les passages avec l’enfant qui empreinte le vocabulaire communiste de ses parents…

Merci cependant à NetGalley et aux Éditions le nouvel Attila pour leur confiance.

(En)quête d’amour d’Émilie Gruyelle

417G+RAGZkL._SX195_

(En)quête d’amour d’Émilie Gruyelle

Auto édité

Sortie le 26/05/2018

Note : 3,5/5


 

Emma est une trentenaire active, libre et heureuse. Un soir de réveillon, poussée par la pression familiale, elle prend la résolution de trouver le mari idéal. Entourée de ses deux meilleures amies, elle va multiplier les démarches, les recherches et les rencontres. Mais à trop vouloir provoquer son destin, elle risque bien de passer à côté…

Quand Emilie Gruyelle m’a contacté pour lire et chroniquer son roman, je me suis empressée de lui répondre favorablement. La littérature feel good n’est pas ce que je lis le plus mais j’aime m’y plonger de temps en temps.

Et j’ai passé un très bon moment aux côtés d’Emma. Cette jeune femme est dans l’air du temps : elle fait un métier qu’elle aime, sort avec ses amies, est proche de sa famille et vit seule. Sans la pression sociale qui la pousse à se marier et fonder une famille, elle pourrait se laisser porter ainsi. Mais son entourage a raison de son célibat : elle se met en tête de trouver l’âme soeur.

L’écriture est agréable, enjouée et rythmée. Peut être un peu trop, c’est le seul point négatif de ce roman. J’ai trouvé que certains passages n’étaient pas assez creusés. Mais l’histoire est prenante, légère et on se prête à sourire en lisant certaines pages…

Un roman qui se lit d’une traite et qui laisse comme un petit goût du bonheur…

Le douzième chapitre de Jérôme Loubry

BF7DD9D4-7BA8-43BE-82C2-E0E1C2F40889

Le douzième chapitre de Jérôme Loubry

Editions Calmann-Lévy

Sortie le 19/09/2018

Note : 4/5


 

David et Samuel sont deux jeunes garçons de 12 ans, amis depuis la plus tendre enfance, et qui vivent chaque année en attendant leur vacances d’été. Quelques jours en bord de mer, dans les pavillons de l’usine dans laquelle leur parent travaille. Mais en cette année 1986, Julie vient se greffer aux jeux d’enfants. Et sans le savoir, ces vacances seront les dernières… La fin des pavillons, la fin de l’usine et la fin de l’enfance…

Car les grandes amitiés naissent ainsi, en un simple sourire.

De Jérôme Loubry, j’ai lu et fortement apprécié Les chiens de Détroit, son premier roman. Je ne pouvais donc pas louper celui-ci !!! Et heureusement…

Comme pour son premier thriller, Le douzième chapitre est un roman très bien écrit, rythmé, prenant et totalement addictif. Les personnages sont travaillés, touchant et vrais. L’histoire quant à elle est cohérente et elle sonne juste.
J’ai vraiment passé un très bon moment au pays de l’enfance, de l’innocence et des souvenirs de vacances ternis par des adultes dont seules la haine et la violence guident les pas.

Lorsque les murmures du passé ressurgissent, c’est pour mieux éclairer le présent, et réparer les injustices…

Mais rien n’empêche le passé de murmurer. Rien.

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance.

Le fou de Hind de Bertille Dutheil

le fou de hind

Le fou de Hind de Bertille Dutheil

Editions Belfond

Sortie le 16/08/2018

Note : 3/5


 

Quand Lydia apprend la mort de son père, elle accourt à la maison de retraite où il vit depuis quelques temps. de ce père aimant mais silencieux, il ne reste qu’un corps à veiller et une boîte remplie de souvenirs… Elle découvre des photos et l’existence de Hind, une petite fille que son père semble lui avoir caché. Mais la dernière lettre de Mohsin va semer le doute dans l’esprit de Lydia et elle part à la recherche de son passé, de celui de son père, et du Château…

Elle songeait à tous ces mots morts au fond de lui, tous ces mots rejetés et perdus, et me disait souvent que les mots que Mohsin prononçait n’étaient pas les mots importants.

Dans ce premier roman, Bertille Dutheil nous emmène non pas dans une mais plusieurs histoires de famille. Même si Hind est celle qui les relie toutes, on entend la voix des différents voisins et amis de Mohsin et Hind.

Mais en fait, on ne décide jamais d’en avoir fini avec le passé. C’est le passé qui décide quand on en a fini avec lui.

Avec une écriture travaillée, fluide, Bertille Dutheil tisse la toile d’une histoire familiale mystérieuse et dont les côtés sombres s’épaississent au fil des pages. La vie de nos parents n’est pas toujours aussi lisse qu’on l’imagine, elle ne débute pas avec nous et ils éprouvent parfois le besoin de se justifier, une fois la mort en approche.

En réalité, l’histoire ne meurt jamais ; seuls les protagonistes disparaissent.

Un roman agréable, avec une construction maîtrisée et originale mais dont certains passages m’ont paru un peu trop lents.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Belfond pour leur confiance, ainsi qu’aux 68 pour la découverte…

 

68 premières fois