Le mardi sur son 31 #8

noeud papillon

Ce rendez-vous hebdomadaire a été proposé par Les Bavardages de Sophie. Il s’agit tout simplement de proposer une citation de la page 31 de sa lecture en cours…


Je suis un animal vieillissant. Le monde n’est plus à ma taille. A dix-huit ans, pourtant, je faisais exactement la bonne taille. J’étais beau garçon, pas plus bête qu’un autre, plein de rêves, faute d’ambition. Aujourd’hui, ma propre décrépitude m’est indifférente et je voudrais avoir le courage de dire que la mort qui approche ne me fait pas trembler. Ce que je redoute avec l’âge, ce sont les souvenirs qui accablent, ce sont les visages de tant d’amis connus, ce sont les détails anonymes de l’existence, insignifiants alors, et qui plus tard se dressent comme les remparts du souvenir, omniprésents, saisissants de réalisme et de précision – ces grains de sable dont le temps a fait des géants.

Citation tirée du roman de Bertille Dutheil, roman que je devrais débuter dans la journée, envoyé via NetGalley et lu dans le cadre des 68 premières fois, Le fou de Hind.

le fou de hind

Le crocus jaune de Laïla Ibrahim

le crocus jaune

Le crocus jaune de Laïla Ibrahim

Éditions Amazon Crossing

Sortie le 23/10/2018

Note : 4/5


 

Sur la plantation de Fair Oaks, vivent les maîtres Blancs et les esclaves Noirs. Quand Lisbeth naît, c’est la première des enfants du couple. Elle ne sera pas élevée par sa mère, mais par Mattie, une nourrice noire qu’on arrachera aux siens dans le quartier des esclaves pour venir vivre dans la grande maison, auprès de la fillette. Lisbeth et Mattie sont inséparables, et leur couleur de peau est invisible à leurs yeux. Pourtant, dans l’Amérique des années 1850, il existe bel et bien non seulement des inégalités mais surtout des supériorités… Lisbeth et Mattie devront faire avec, grandir et se libérer…

C’est indécent pour une femme de ton rang d’allaiter son bébé. S’il meurt, tu n’en serais que plus dévastée. Je sais d’expérience qu’il vaut mieux ne pas trop aimer ses enfants. trop aimer ses enfants est cause de souffrance.

Laïla Ibrahim signe ici un très beau roman sur l’appartenance, l’attachement et l’innocence. Une petite fille blanche qui aime une nourrice noire comme sa mère, qui ne voit pas les différences et qui souhaiterait que la vie soit aussi simple que ces journées passées ensemble. Un nourrice noire qui se prend d’affection pour cette petite blanche, qu’elle a nourrit, endormi et protégé pendant toutes ces années…
Deux mondes diamétralement opposés, que tout sépare mais que cet amour relie. Deux femmes courageuses et dont l’envie de liberté dépasse l’obéissance aux codes…

Je sais pas grand chose du mariage Lisbeth. Mais je sais qu’un brave homme fait la vie plus belle. Un homme qui t’aime, qui te prend dans ses bras, un homme qui rêve tes rêves, un homme bienveillant, prévenant. Un homme bon, ça rend riche.

Une relation attachante et bouleversante de sincérité, empêchée par des lois et des idéaux archaïques…

Un immense merci à NetGalley et à Amazon Crossing pour leur confiance…

C’est lundi, que lisez-vous ? #8

livre lundi

J’ai pu voir sur de nombreux blogs ce rendez-vous hebdomadaire. Le principe est simple, chaque lundi, on répond à 3 petites questions :

  1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
  2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
  3. Que vais-je lire ensuite ?

Vous pouvez suivre l’ensemble des participants sur le blog de Galleane.


Voici donc mes réponses en ce 5 novembre 2018 :

  1. La semaine passée, en raison de l’arrivée de ma petite fée dans ma vie, je n’ai rien lu.
  2. Cette semaine, je suis en train de lire Le crocus jaune
  3. Je n’ai rien prévu pour le moment la semaine prochaine. Nous verrons en fonction de mon temps…

le crocus jaune

Et vous, que lisez-vous en ce moment ? Bonne semaine et bonnes lectures à tous, rendez-vous pris pour lundi prochain !!

Le grand prix des Blogueurs Littéraires 2018

grand prix

Pour la deuxième année consécutive, le Grand Prix des Blogueurs littéraires est lancé.

Ce prix récompense un ouvrage de littérature française paru dans l’année. Il concerne un ou deux romans de littérature blanche, toute maison d’édition confondue hors auto édité.

Les votes sont ouverts à tous les blogueurs, instagrammeurs ou comptes littéraires dédiés et actifs.

Le prix se déroule en 2 tours :

  • 1er tour du 1er au 20 novembre 2018 : les blogueurs votent pour deux romans : un du 1er semestre et un du 2ème semestre de l’année en cours.
  • 2ème tour du 25 novembre au 15 décembre 2018 : le vote final s’effectue parmi les 10 titres les plus nommés au 1er tour (les deux semestres confondus). Ce délai permet le temps de la réflexion et de découvrir les ouvrages en lice. Un seul titre sera retenu.

Pour voter, c’est par ici

Voici les deux romans pour lesquels j’ai voté lors de ce 1er tour :

img_0175        einstein

Et vous, pensez-vous voter ? Pour quels titres ?

Un peu de temps…

Voilà une petite semaine que je n’ai pas écrit de chroniques sur mes lectures. Et je pense que cela prendra encore un peu de temps…

Une explication toute simple : j’ai donné naissance à la plus belle des petites filles samedi 27 octobre…

C’est bien entendu la plus merveilleuse et la plus magique des petites fées…

Mon rythme de lectures va considérablement se ralentir, mais c’est pour une si noble cause !

2206738-pied-bebe-naissance-applique-thermocollant-flex-1_medium

Juste un peu de temps de Caroline Boudet

5569E9A9-AD4F-4674-8733-1CECDD3DE308

Juste un peu de temps de Caroline Bouvet

Editions Stock

Sortie le 02/05/2018

Note : 4/5


 

Sophie est une « mère parfaite »… En couple depuis 15 ans avec Loïc, ils sont parents de 3 enfants. Sophie travaille, Sophie s’occupe de ses enfants, Sophie tient sa maison, Sophie est à l’ecoute de ses voisins, Sophie laisse du temps à Loïc pour ses loisirs… Mais Sophie s’oublie. Et quand elle prend conscience de ce trop plein, elle n’a d’autre solution que de voler ce temps qui lui manque. Elle part alors seule, sans aucune explication, en coupant son téléphone et direction St Malo… Combien de temps et dans quel but, elle verra…

La solitude. C’est l’absence de moments pour elle, à elle, qui lui manquent le plus de sa vie d’avant. Elle n’aurait pas cru. « Avant », Sophie pensait que le plus difficile dans une vie de parents, c’était la course aux horaires, gérer pour plusieurs personnes, s’inquiéter pour petits et gros bobos. C’est en effet compliqué à supporter, mais rien à côté de l’étouffement que provoque le manque de solitude.

Caroline Boudet nous offre dans ce deuxième roman une bouffée d’oxygène. Malgré le thème universel de l’inégalité homme femme au sein du partage des tâches, elle réussit avec brio un roman à la fois drôle, poignant et sensible.
Chaque femme peut se reconnaître en Sophie, qui cherche à tout contrôler, qui se plaint sans réellement vouloir changer et qui fait don de soi en totalité. Mais en choisissant d’écrire avec plusieurs points de vue, Caroline Boudet ne tombe pas dans les clichés.
Rien n’est parfait, personne ne peut l’être. En avoir conscience est le seul remède à son propre malheur, sa propre déprime et le seul chemin vers la liberté…

Elle a souvent dit oui au-dehors, pendant que la marmite du non bouillonnait dedans.

Un immense merci aux 68 pour la découverte de ce roman, ainsi qu’à NetGalley et aux Éditions Stock pour leur confiance.

68 premières fois

Les enfants de ma mère de Jérôme Chantreau

les enfants de ma mère

Les enfants de ma mère de Jérôme Chantreau

Éditions les Escales

Sortie le 23/08/2018

Note : 2.5/5


 

Françoise est une épouse, une mère et une femme au foyer. Quand, en 1981, elle décide de voter pour François Mitterrand, avec l’angoisse que quelqu’un l’apprenne, un autre changement intervient dans sa vie : son mari la quitte. Désormais maîtresse de sa vie, elle décide alors d’élever ses enfants dans l’appartement du 26 rue de Naples, à Paris, et de faire ce qu’elle veut. D’amants en amants, de projets artistiques en ballade sur la mer, elle est avide de liberté. Mais ce besoin d’espace et de lâcher prise se fait au détriment de sa présence auprès de ses propres enfants, Nathalie et Laurent…

Françoise aurait pu, malgré tout, l’aider encore une fois, tant était puissant en elle le sentiment maternel. Prendre sur soi la douleur des autres. L’encaisser, pour qu’ils restent heureux et légers. Être encore une fois la femme, la mère, inépuisable et inconditionnelle.

Je ne connaissais pas l’écriture de Jérôme Chantreau, dont Les enfants de ma mère est le deuxième roman.
Il dépeint ici la vie d’une famille dans les années Mitterrand, pour qui la liberté n’a pas de prix. Si « changer de vie » est le slogan qui règne sur la France, il devient aussi celui de Françoise, mère de famille et jeune divorcée.
Tout au long des 480 pages, l’auteur dresse le portrait de cette femme pour qui la liberté est synonyme de lâcher prise, de perte de repères aussi et d’oubli de soi. Laissant ses enfants à l’abandon, elle redevient la jeune fille qu’elle n’a pas pu être… Manquant de confiance en elle, Françoise croit être obligée de se cultiver auprès de personnes qui ne la respectent pas, confondant alors amitié et ignorance…

J’ai aimé l’écriture, fluide et enlevée, mais j’ai trouvé que le roman trainait parfois en longueur. Certains souvenirs ou anecdotes ne me semblaient pas à leur place, et je me suis souvent demander le sens que l’auteur a voulu leur donner.

Un grand merci aux 68, une fois encore, pour la découverte d’un roman riche et particulier…

68 premières fois