Carnaval d’Hector Mathis

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Carnaval d’Hector Mathis

Editions Buchet Chastel

Sortie le 20/08/2020

Note : 3.5/5


 

Avant tout, je remercie Babelio et les Editions Buchet Chastel pour leur confiance…

Sitam est de retour. On le retrouve à Paris, un travail qu’il occupe par nécessité, quelques amis, et son téléphone portable toujours dans la poche. C’est qu’il attend qu’il sonne ce satané engin ! Capu, son amour, sa vie, il l’a laissé derrière lui… Mais il regrette. Et il active son réseau pour la retrouver. Quand un jour, le téléphone sonne, c’est pour ramener Sitam dans la banlieue de son enfance, pour un dernier au revoir à un pote disparu trop vite…

Et bien voilà, l’expérience Hector Mathis s’est achevée avec émotion… J’étais heureuse de retrouver l’auteur, après son KO qui m’avait laissé songeuse… Son style percutant est particulier. Il faut accepter de lire en s’essoufflant, en s’agitant dans tout les sens, le ventre à terre et les idées embrouillées…

Carnaval ne perd rien de cette course de vitesse… Sitam est malade, il lutte mais ce loup solitaire s’aperçoit chaque jour un peu plus qu’il a fait une bêtise en s’isolant de la sorte. Il veut retrouver Capu et c’est son seul objectif… Celui qui le tient debout…

On a d’ailleurs bien peur pour lui quand il retourne dans sa banlieue. Il y retrouve certes sa bande d’amis, sincères, loyaux, mais aussi la nostalgie de l’enfance, l’insouciance et les aventures vivifiantes. Sitam se perd… Devrait-il revenir vivre ici ? Renouer avec ses racines, ses origines… Ou est-ce la mélancolie, les souvenirs qui le retiennent ?

Des amis, et plus largement des êtres, subsiste uniquement une sorte de vague tonalité, une impression flottante et un peu fausse, qu’on ne fait que trahir à mesure qu’on veut lui rendre justice. Chacun réécrit, supprime ou sublime. C’est truffé de hontes  précises et falsifications joyeuses, la mémoire. Il faut se souvenir d’un instant et s’en contenter, c’est assez ambitieux comme ça.

Si vous ne connaissez pas Hector Mathis, il faut partir à sa rencontre. Ça passe ou ça casse, mais ça touche, ça remue, ça dérange… Des romans comme ça, on en croise peu… Il faut se laisser emporter, accepter de se retrouver la tête en bas, la gorge nouée et les larmes au bord des yeux… Accorder à son écriture de vous toucher en plein cœur…