Les corps conjugaux de Sophie de Baer

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Les corps conjugaux de Sophie de Baer

Éditions JC Lattès

Sortie le 22/01/2020

Note : 5/5


 

A 18 ans, Alice ne veut plus de ce corps objet que sa mère lui attribue depuis toujours. Finis les concours de beauté, les séances d’essayage et les garçons d’un soir, attirés par son physique uniquement. Elle quitte sa campagne, son petit village de Bolbec, et monte à Paris. Sa mère le vit comme un abandon et la raye de sa vie. Reste Mona, sa sœur aînée, qui maintiendra un lien dans cette famille désunie. Puis Alice rencontre Jean, et c’est l’amour fou, l’évidence, le sens de sa vie. La naissance de Charlotte fait d’Alice une femme et une mère comblée. Quelques années plus tard, le couple se marie… Et tout bascule…

Au soi-disant plus beau de tous les âges, ma sœur et moi sommes deux inquiétudes aux pieds nus. Deux cœurs châtrés.

Sophie de Baere n’est pas une auteur inconnue pour moi. Son premier roman, La dérobée, avait été un coup de cœur. C’est donc en confiance que j’ai ouvert Les corps conjugaux. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais certainement pas à cette sublime lecture !!

L’histoire est surprenante. Le secret familial qui, une fois révélé, fera basculer les personnages est juste bien mené. On apprend à aimer Alice, Jean, Charlotte… On se surprend à croire à ce conte de fée. On affectionne particulièrement Alice, qui avance dans sa vie de femme, alors qu’elle était une adolescente blessée et peu sûre d’elle. Et une fois qu’on est ferré, le couperet tombe. Et on ne peut plus rien y faire : le sang se glace, les sens sont retournés et on cherche l’air pour tenter de reprendre son souffle…

Les souffrances n’abîment pas que l’âme : mon corps est démoli.

Mais au-delà de ce drame, au-delà de ce couple anéanti, de cette famille déracinée, de cette enfant meurtrie, c’est l’écriture qui est parfaitement maîtrisée. Comme pour son premier roman, Sophie de Baer pose les mots à leur place, chaque phrase sonne juste. Les émotions sont tout autant décuplées par la poésie de l’écriture que par la façon dont on entre dans l’histoire.

Il ne faut jamais juger l’amour.

On ne ressort pas indemne à la lecture d’un roman de Sophie de Baer. On en est plus riche… On en est grandi…

Vivre sans son enfant, c’est comme se tenir debout au bord de soi-même. Être inachevée. Respirer à moitié.

Merci à NetGalley et aux Éditions JC Lattès pour leur confiance…