Le nord du monde de Nathalie Yot

le nord du monde

Le nord du monde de Nathalie Yot

Editions La contre allée

Sortie le 21/08/2018

Note : 2/5


 

La narratrice souffre d’une rupture amoureuse. De cette douleur nait la nécessaire fuite, le besoin de partir loin, très loin. C’est donc vers le mur du fond du Nord du monde qu’elle se dirige. A pieds, en galopant tel un poulain… Avant d’arriver aussi loin, elle fera des rencontres, de celles qui guérissent, qui relèvent et qui apaisent…

Plus je m’éloigne de l’homme chien, plus son existence m’est insupportable. A me piquer partout dans la tête avec les aiguilles du souvenir.

Je ne peux que rendre hommage à toute la poésie contenue dans l’écriture de ce roman atypique. Elle a une petite musicalité si douce, si apaisante. Mais cela ne m’a pas suffit pour m’évader, pour accompagner cette femme blessée sur les chemins du bout du monde…

De l’amour infini caché derrière chaque mot, je n’ai su que faire, que penser…

Isaac voulait d’une vie différente, une vie autrement, un jour je serai. Tout ça me rendait triste parce que je l’accompagnais dans cette idée absurde d’un changement radical, j’y croyais à ce Nord nettoyeur et je contribuais à lui faire croire à l’impossible.

Un premier roman qui ne m’a pas convaincu. Merci aux 68 premières fois cependant pour cette découverte surprenante !!

68 premières fois

La vraie vie d’Adeline Dieudonné

La vraie vie

La vraie vie d’Adeline Dieudonné

Editions L’iconoclaste

Sortie le 29/08/2018

Note : 5/5


 

Nous sommes à Démo, quartier résidentiel où toutes les maisons grises et ternes se ressemblent. Dans la plus grande, vit la narratrice, une petite fille de 10 ans, son petit frère Gilles, 8 ans, et ses parents. A l’image de cette maison, elle a une vie toute lisse en apparence mais une fois la porte fermée, rien n’est aussi simple ! Un père violent, une mère effacée et vide, des soirées rythmées par les colères et le whisky de son père… Le rire de son petit frère est ce qu’il y a de plus important dans la vie de la narratrice, elle veut le protéger à tout prix. Mais quand un accident arrive au vendeur de glaces, leur vie bascule et elle n’a alors qu’un seul objectif : revenir dans le temps et changer cet événement, afin que leur vie soit bien plus que ce qu’elle est désormais…

La vie est une grande soupe dans un mixer au milieu de laquelle il faut essayer de ne pas finir déchiqueté par les lames vous attirent qui vers le fond.

Depuis le temps que je voulais lire ce roman, c’est maintenant chose faite !! J’avais un peu peur d’être déçue car on commence à entendre et lire pas mal d’articles sur cette auteur et son roman qu’on dit fort, brutal et marquant…

Je n’ai qu’une chose à vous dire : ouvrez-le !!! L’écriture est belle, fluide, enlevée, chaque mot est à sa place et chaque phrase a sa propre musique. L’histoire est prenante, rythmée et tranche à vif. Les personnages sont attachants, vrais et décrits avec lucidité. Bref, ce premier roman est une véritable réussite !!!

La violence est omni présente, qu’elle soit physique ou psychologique, mais elle ne sert que l’histoire. Rien n’est de trop, tout sonne juste. Et on lit avec cette peur accrochée au ventre, comme cette petite fille, mais on prend exemple sur sa force pour avancer…

Je commençais à comprendre que la moindre volonté de ma part risquait d’éveiller son animosité. Il attendait de moi que je devienne comme ma mère. Une enveloppe vide, dépourvue de désir. Il ne savait pas qui était sa fille. Mais, à treize ans, je restais à sa merci. Il allait donc falloir le tromper, jusqu’à ce que je sois en âge de vivre loin de lui.

Federica Ber de Mark Greene

Federica Ber

Federica Ber de Mark Greene

Editions Grasset

Sortie le 22/08/2018

Note : 3/5


 

Alors qu’il est tranquillement en train de manger un croissant devant son journal, le narrateur voit apparaître dans un des articles, le nom de Federica Bersaglieri. Cette femme, il l’a rencontré il y a plus de 20 ans à Paris… Ils ont passé une semaine à flâner sur les grands boulevards, chiner chez les bouquinistes ou les antiquaires, déguster des cafés en terrasse tout en regardant les passants… Elle a disparu sans qu’il ne puisse la retenir. Comme un songe… Il part alors à la recherche de ses souvenirs, mais il tente également de comprendre le lien qu’elle peut avoir avec ce couple d’architectes italiens retrouvés morts au pied d’une montagne…

Je ne connaissais pas Mark Greene avant de lire son dernier roman, sorti lors de cette rentrée littéraire.

L’histoire qu’il nous raconte ici est très poétique.

La mort ne l’effrayait pas. Ne pas exister, quelle importance ? Ce qu’elle redoutait, c’était qu’il n’y ait plus rien à vivre. Un monde où il n’y aura rien à vivre, c’est ça le danger…

Le narrateur se souvient d’une femme qu’il a rencontré 20 ans auparavant, par un été où la chaleur le clouait dans son petit appartement sous les toits. Lui, le jeune homme solitaire, qui a perdu ses rêves d’écriture, se voit entrainer par une femme pétillante, originale et impulsive. Sur les toits de Paris, ils vont contempler les paysages, le soleil et apprécier la douceur des nuits…

Il n’y a pas tant de moments dont on sait, à l’instant même où on les vit, qu’ils sont inoubliables. Qu’ils ne se répéteront pas, parce qu’ils sont le produit d’une configuration exceptionnelle, d’un équilibre fragile. Des instants légers, fins comme une dentelle et, malgré tout, indestructibles.

Rattrapé par ce passé, le narrateur revient sur cette femme qui l’a marqué et sur son absence. Il se plait alors à imaginer la rencontre qu’elle a pu avoir là-bas, en Italie, avec ce couple d’architectes, et leur prête une fin imagée et douce.

C’est cela, l’attente, je l’ai compris il y a peu. Le temps qu’il faut donner à l’espoir pour qu’il prenne des forces, pour qu’il dessine ses propres contours, pour qu’il s’avance.

C’est avec une écriture toute en finesse, toute en fluidité, que Mark Greene nous emmène µdans son univers. Une lecture particulière, comme suspendue…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset pour leur confiance…

Einstein, le sexe et moi d’Olivier Liron

einstein

Einstein, le sexe et moi d’Olivier Liron

Editions Alma

Sortie le 06/09/2018

Note : 4/5


 

Olivier Liron est autiste Asperger. De cette différence, il a choisi de faire une force. Mais le chemin n’a pas été simple et sans accros. Quand, en 2012, il passe à la télévision dans Questions pour un champion, il saisit l’occasion de nous raconter son histoire…

Voilà encore un magnifique roman de cette rentrée littéraire !! Je n’ai pas lu le premier roman d’Olivier Liron, mais si il est dans la veine de celui-ci, je vais très rapidement me le procurer…
L’auteur nous entraine donc sur le plateau télé du célèbre jeu, aux côtés d’un Julien Lepers survolté. Au fil des questions, Olivier Liron se dévoile, avec simplicité et pudeur. Il nous offre quelques uns de ses plus chers souvenirs, qu’ils soient beaux ou beaucoup plus dur. Parce que rien n’est simple quand on est autiste Asperger. Trouver sa place est un combat…

La joie, le vert paradis, la douceur de l’enfance, ça, désolé, on repassera, je n’ai pas connu. Cela restera à jamais pour moi incompréhensible, cette violence. Ça marque au fer rouge. S’il n’y avait que les brimades, les blagues sur Forrest Gump et les insultes. On pourrait essayer d’oublier. Mais la façon dont les autres vous font comprendre votre différence, ça s’inscrit aussi dans le corps. J’ai dans mes tripes la mémoire de la différence qu’on m’a apprise, qu’on a tatoué dans ma chair.

Je me suis rempli la tête d’informations pour peupler ma solitude. Pour oublier l’essentiel, pour dompter l’absence et le chagrin. Comme si apprendre des milliers d’informations sans queue ni tête, peupler la mémoire était un réflexe de survie.

Les 195 pages de ce deuxième roman m’ont paru bien trop courtes. Je serai bien restée avec Olivier, sa botanique et ses balades en forêt, goûter à une madeleine trempée dans du coca !!

Quand on ne peut pas parler, on construit des forteresses. Ma forteresse à moi est faite de solitude et de colère. Ma forteresse à moi est faite de poésie et de silence. Ma forteresse à moi est faite d’un long hurlement. Ma forteresse est imprenable. Et j’en suis le prisonnier.

Merci une fois de plus aux 68 premières fois pour cette douce découverte.

68 premières fois

Throwback Thursday Livresque #2

retour2

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vous retrouve pour le Throwback Thursday Livresque, rendez-vous lancé par BettieRose Books. Si vous ne connaissez pas la définition de ce rendez-vous, le principe est simple :

Ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à vos lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres ! Comme nous « revenons en arrière », il s’agit de livres déjà lus. Sauf exception de thème.

Le thème de la semaine est :

les joyaux cachés

J’ai décidé pour cette semaine de vous parler du roman qui a bouleversé ma vie de lectrice, LE roman qui m’a le plus touché, le roman que j’ai le plus relu. Il s’agit de Caresse de rouge, d’Eric Fottorino.

caresse de rouge

Ce roman est sorti en février 2004, et je l’ai lu il y a pas mal d’années maintenant, pour la première fois…

Le résumé :

Le jour où Colin a fait ses premiers pas au milieu du salon, entre la table basse et le canapé, Marie est partie. Elle a laissé son enfant avec Félix. C’était entendu comme ça. Ensemble, le père et le fils se sont inventé une famille en convoquant dans l’appartement désert des ombres chinoises, des personnages de dessins animés. Colin a grandi et Félix avec lui. Lorsque Colin a réclamé sa maman, Félix a dû trouver des réponses, tout seul. Jamais il n’aurait imaginé regarder son petit garçon avec les yeux d’une mère. Jusqu’où un père peut-il se travestir, face aux exigences d’un enfant qui dit:  » Je veux maman « 

Ce que j’en avais dit :

Ce livre est un petit bijou… C’est un des très rares qui me reste sur le cœur, qui m’a touchée au plus profond de moi… C’est aussi un des rares qu’on ne peut lire qu’une fois, parce que le goût des lectures suivantes n’aura jamais la saveur de la découverte…
Est-ce le fait d’être maman, et de transposer facilement cette histoire ? Cela peut nous arriver à tous, parent, de vouloir, dans la solitude de la parentalité, être l’unique pilier dans la vie de son enfant… Mais à quel prix…
On peut « aimer jusqu’à tuer »…

C’est un roman fort, centré sur un couple qui se sépare et un père qui va devoir élever seul son fils. Un petit garçon qui demande sa mère et un père désemparé face à la détresse de son fils. C’est un roman sur un amour sans limite, sur l’effacement de soi au profit de son enfant…

C’est un roman à découvrir si vous ne le connaissez pas…

A la semaine prochaine !!

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles de Mick Kitson

manuel de survie

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles de Mick Kitson

Editions Métailié

Sortie le 30/08/2018

Note : 3/5


 

Sal a 13 ans et beaucoup de responsabilités : elle ne peut pas compter sur sa mère, perdue entre alcool, drogues et petits amis violents, et doit s’occuper de sa petite sœur, Peppa, de 10 ans. Mature, sérieuse et intelligente, Sal comprend très vite qu’elles doivent fuir cet environnement nocif. Quand son beau-père, qui abuse d’elle, lui suggère qu’il va bientôt aller visiter la chambre de sa sœur, Sal décide d’agir. Elle va alors entrainer Peppa dans la forêt et mettre à profit tout ce qu’elle a appris sur les manières de survivre en pleine nature…

Survivre se résume en grande partie à prévoir, prendre le temps de réfléchir, prévoir, essayer de voir ce qui peut mal tourner et imaginer ce qui se passera si les choses changent.

Le roman de Mick Tikson est l’histoire touchante d’une jeune fille qui a perdu son innocence, qui n’a pu compter sur la protection de sa mère et qui décide de s’enfuir, de vivre seule en forêt afin de ne plus subir les dangers et les violences de son foyer. Mais ce qui émeut le plus est cet amour inconditionnel qu’elle voue à sa petite sœur, et tout ce qu’elle est prête à faire pour la protéger.

Sal est une jeune fille blessée, meurtrie, mais qui ne s’apitoie jamais sur son sort, qui ne s’avoue même jamais qu’elle se sent bien seule dans ce monde d’adultes irresponsables.

Je ne sanglotais, je ne tremblais pas et je ne faisais pas de bruit. Les larmes se sont simplement mis à couler de mes yeux et j’ai sentais un gros nœud tout dur dans ma poitrine. Ingrid a passé son bras autour de mes épaules et Peppa m’a pris la main. Je crois que c’était de recevoir un cadeau. Je ne me rappelais pas si j’en avais déjà reçu un dans ma vie.

L’histoire de ces deux sœurs est écrite sous le regard de Sal, et les mots sont ceux d’une jeune fille de 13 ans. C’est peut être ce qui m’a un peu dérangé et qui a, pour ma part, ajouté quelques longueurs au récit.

Mais cette lecture fut tout de même plaisante et touchante. J’espère que ces deux enfants trouveront des mains tendues et qu’elles pourront enfin se reposer sur de solides épaules d’adultes…

Le mardi sur son 31 #2

noeud papillon

Ce rendez-vous hebdomadaire a été proposé par Les Bavardages de Sophie. Il s’agit tout simplement de proposer une citation de la page 31 de sa lecture en cours…


Je suis retournée chercher du bois pour le feu, je prenais surtout des branches mortes tombées des arbres ou qui trainaient par terre car ce sont les plus sèches. J’ai formé une pile de la longueur de notre abri et j’en ai mis une autre à sécher pour plus tard et après j’ai pris l’écorce de bouleau comme petit bois et j’ai utilisé la pierre à feu pour produire une étincelle sur laquelle j’ai soufflé jusqu’à ce que j’obtienne une flamme puis j’ai ajouté de l’herbe sèche et des brindilles et il a pris.

Citation tirée de Manuel de survie à l’usage des jeunes filles de Mick Kitson

manuel de survie